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La création du Félibrige

Fondé officiellement le 21 mai 1854 (jour de la Sainte Estelle), dans le château de Font-Ségugne, à Châteauneuf de Gadagne, qui appartenait alors à la famille Giera, le Félibrige est, au départ, un mouvement littéraire provençal, ayant pour objectif la défense de la langue d’oc.

 

Les sept fondateurs (ou primadié) sont Frédéric Mistral, Théodore Aubanel, Joseph Roumanille, Jean Brunet, Paul Giéra, Anselme Mathieu ainsi qu'Alphonse Tavan.

La fondation du Félibrige à Font-Segugne

Mais très vite (statuts de 1862 et de 1876), le Félibrige se constitue en une académie, dont le capoulié (président) est élu pour quatre ans par ses pairs et dont les cinquante membres ou felibre majorau (félibre majoral), élus à vie par cooptation, sont titulaires d’une cigale d’or.

 

Selon lou tresor dòu félibrige : dictionnaire provençal-français réalisé par Frédéric Mistral, le mot felibre serait tiré d’une poésie légendaire qu’il avait recueillie à Maillane et signifierait docteur de la foi.

 

Les trois premiers capoulié furent successivement Frédéric Mistral, Joseph Roumanille et Félix Gras. Tous les sept ans (le 21 mai) de grands jeux floraux étaient (et sont encore) organisés, dont le lauréat choisit la Reine du Félibrige, qui accompagne le capoulié dans toutes les cérémonies ; les deux premières reines furent d’abord Marie Mistral : l’épouse de Frédéric Mistral puis Thérèse Boissière : la fille de Joseph Roumanille.

 

Cette académie était constituée de 7 tiero (sections), de 7 membres chacune, ce qui fait, en ajoutant le capoulié qui ne fait partie d’aucune section, 50 personnes : écrivains, artistes, savants, amis, etc.

 

A l’origine le bureau était formé de Frédéric Mistral : capoulié, Joseph Roumanille : baile (secrétaire) et Théodore Aubanel : clavaire (trésorier). Les deux premières tiero, celles du Gai sabé (la littérature) comprenaient Roumanille, Aubanel, Jean Brunet, Anselme Mathieu, Rose-Anaïs Gras (de Malemort),Ludovic Legré (de Marseille), Alphonse Tavan, etc. Dans la 7ème tiero : celle des Amis on trouve les noms d’Alphonse Daudet et de (Guihèn) William Bonaparte Wyse. Pendant de nombreuses années (et encore maintenant) l’organe du Félibrige fut l’Armana Prouvençau (Almanach Provençal), entièrement rédigé en provençal et conçu comme un outil de propagande du Félibrige en direction du peuple, d’où le petit format in octavo (13×18 cm), ancêtre du livre de poche. C’est d’abord pour cet almanach que Mistral et Roumanille fixèrent les règles d’une nouvelle orthographe phonétique du provençal.

 

Les trois premiers numéros (1855-1856-1857) furent imprimés par « li fraire Aubanel, emprimaire, carriero Sant Marc » mais à partir de 1858 il est édité « enco de Roumanille, libraire, carriero Sant Agrico » car les autres félibres reprochaient à Aubanel de se considérer comme le propriétaire de cette œuvre et d’exercer une censure sur les textes ; par la suite Aubanel refusa d’imprimer les œuvres des félibres et ne publia plus beaucoup dans l’almanach. Dans cet almanach les félibres signaient souvent avec un pseudonyme : Mistral était lou felibre de Bello-Visto (Bellevue), Roumanille lou felibre di Jardin, Aubanel lou felibre de la Mióugrano (grenade), Brunet lou felibre de l’Arc de sedo (arc-en-ciel), Giera lou felibre ajougui (enjoué), Mathieu lou felibre di Poutoun (baisers) et Tavan lou felibre de l’Armado (armée)

 

Conçu comme tous les almanachs de l’époque, il commençait par un calendrier indiquant li luno, lis esclussi, li fèsto, li voto (fêtes locales), li roumavage (pélerinages), li fiero (foires) et li prouvèrbi de chasque jour dóu mes, puis des renseignements pratiques et une crounico felibrenco (chronique félibréenne), ainsi évidemment que des contes et des poèmes. C’est ainsi, par exemple, que Roumanille fait paraître, en 1867, Lou curat de Cucugnan qu’Alphonse Daudet reprendra, en français, dans Les lettres de mon moulin.

 

 

Le refrain des Félibres proclame :

 

"Sian tout d'ami galoi e libre, Nous sommes tous des amis gais et libres,

Que la Prouvènço nous fai gau ; Charmés par la Provence ;

Es nautre que sian li Felibre, Nous sommes les Félibres,

Li gai felibre prouvençau ! " Les gais félibres provençaux !

 

Ce refrain est un résumé de ce qu'a pu être le félibre, une assemblée d'amis et de poètes jeunes et insouciants animés par la passion de leur terre maternelle, la Provence. Le Félibre se révèle être un mouvement riche d'une histoire de près de 150 années traversé par des influences diverses et animé par des personnalités dont le seul lien est la défense d'une langue menacée, la langue d'oc.

 

 

Mistral dans son trésor d u Felibrige, donne au mot "félibre" divers équivalents possible dans le grec, l'irlandais, le germanique ou l'andalou. A partir de ce terme "cousu main", les Primadiés se seraientt amusés, dès le 21 mai 1854, à créer des mots qu'ils allaient désormais utiliser.

 

Felibre : "fe signifie foi en provençal", ce qui donne, "Libres par la foi"

 

Felibresso : est l'équivalent de félibre au féminin

 

Felibrejado : désigne les assemblées des félibres, ainsi que leurs banquets littéraires et leurs fêtes poétiques (félibrée en français)

 

Dés 1862, deux femmes sont admises dans le cercle très fermé des poètes ; Rose-Anaïs Gras, de Malemort et la Comtesse Clémence de Corneillan de Lourmarin. Elles ne sont que 5% à la veille de la Seconde Guerre Mondiale et 25% en 1939.

 

Quelques félibresses et une sélection de leurs œuvres :

 

Azalaïs d'Arbaud, 1834-1917- Lis Amouro de Ribas (1863).

Philadelphe de Gerde, de son vrai nom Claude Duclos, 1872-1952- Posos perdudos, soubenirs, impressious (1892), Eds crids (1930).

Henriette Dibon ou Farfantello, 1902-1989- Ratis (1967), Camargo (1988),

Marie Mauron, 1896-1986, La Provence au coin du feu (1962), Quand la Provence nous est contée (1974).