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Mémoire des chemins

MÉMOIRE DES CHEMINS
Par Geneviève FERRER La Roque sur Pernes


Certains d'entre vous se sont posé des questions sur l'origine des noms attribués aux chemins et rues de notre village.


Voici donc quelques informations complémentaires.


Le village à lui seul vous révèle le pourquoi de certaines dénominations. Les portails "Du Haut" et "Du Bas" rappellent les 2 portes aujourd'hui disparues et qui barraient les 2 entrées principales du village et s'harmonisaient sans doute avec l'épais rempart ou "Barri" qui le ceinture de part en part.


Une "Pousterle" ou poterne était également une petite porte dans une enceinte moyenâgeuse. Au début du siècle, on pouvait encore lire sur le mur d'enceinte à l'entrée du portail bas "la mendicité est interdite dans le département de Vaucluse".


D'autres appellations ont été adoptées pour rappeler la vie essentiellement agricole des anciens roquérois : la cueillette des olives "Parking et passage des olivades", le travail des magnans "Escalier de la magnanerie" et celui des moissonneurs. Le Barulon était cette pierre légèrement conique qui foulait les gerbes sur les aires au plus chaud de l'été. "Barruler", c'est rouler comme le barulon.


En dessous de la fontaine, les jardins potagers ont toujours leur place et leur rôle "Descente des potagers".


Quelques anciens ont aussi laissé leurs noms à certains lieux parce qu'ils sont nés ou y ont longtemps vécu : L'Abbé Eugène Imbert, Félibre 1850-1950, mais aussi "Madame" et son "jardin", c'est à dire Madame De Vichet, propriétaire de cet enclos et de la maison de maître attenante, au siècle dernier ; et puis encore "Camille" Rouyer qui a grandi dans la maison du bout de cette impasse dans la première moitié de ce siècle.


Quant à la rue "Roquepevouille" ou Roquepevule dans le cadastre de 1825, elle laisse entrevoir la présence déjà envahissante de "poux" car elle signifie les pouilleux de La Roque.


En dehors du village, le nom des chemins est souvent très proche de l'environnement animal ou végétal. Les "Pérussiers" sont ces petits poiriers sauvages que l'on rencontre toujours dans nos bois et les amandiers délimitent très souvent les "Harmas", terres laissées souvent en friches dénotant la pauvreté de leur sol.


Sur le plateau, le chemin de la "Croix verte" tire son nom… d'une croix verte en fer installée grâce au don de Madame Marie Imbert épouse Grand, demi-sœur du Félibre, et chaque année le prêtre de la paroisse venait y bénir les futures récoltes.


"Jean de Rébous", "Pauline", "Ambroise"
, sont tous des habitants de coins plus retirés de notre commune et ils ont laissé leurs noms aux lieux qui, jadis, leur étaient chers.


Le chemin des "Séguines" doit aussi son nom au 3éme Seigneur de La Roque, Sébastien de Seguin, les armes de cette famille sont l'emblème de notre village depuis 1941.


"Chante Coucou"
pour les Roquérois, cela a toujours été les collines en face du village qui renvoient d'ailleurs toujours, au printemps, le chant de ces oiseaux. La "Valounado" c'était le vallon qui descend vers Saint-Roman, ainsi dénommé par l'Abbé Imbert dans ses récits.


Quant à la "Rabine", l'origine est plus énigmatique. Le mieux est d'examiner ce qu'en dit le dictionnaire provençal :

Rabino (adj) : grogneur, rageur, revêche

Rabina (ve) : havir, brûler, raviner

Rabino : roussi, gratin…


Mais peut-être là encore, c'est le nom d'un ancien ou un surnom qui perdure.


Par contre "Barbarenque" et "Sanguinouse" sont des appellations qui doivent remonter aux sarrasins et aux combats féroces que l'on rapporte dans certains récits.


Cette sommaire histoire des noms et rues vous permettra peut-être de vous familiariser plus vite avec notre village et d'en approfondir son histoire et son passé. C'est du moins ce que nous espérons.