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Le Blason de La Roque sur Pernes

L'Histoire du Blason du village...
Sébastien de Seguins


Chevalier de l'éperon d'or 
Comte Palatin 
Seigneur de La Roque sur Pernes

Co-Seigneur de Venasque et
de St Didier dans le Comté
Venaissin


Sa famille, Son blason, Son histoire

 

Il est bien connu qu'un grand nombre de Roquerois ignore presque tout de ce que fut la vie de Sébastien de Seguins.

 

A partir des études qui ont été réalisées je vais tenter bien modestement de reconstituer en quelques pages ce que fut le passé de ce gentilhomme dans notre village et dans notre Comté.


D'après :

Sébastien de Seguins Notice sur sa Vie et ses Ouvrages
par Edmond de Seguins-Vassieux - novembre 1860 manuscrit
Sébastien de Seguins, un Vrai Gentilhomme

par l'Abbé J.M Trichaud 1872
Histoire de La Roque sur Pernes

par l'Abbé J.M.J Constantin 1882
Merci au Père Daniel Breyer

Doyen de la Cathédrale St Siffrein
Merci à Jean-François Delmas
Conservateur en chef de la Bibliothèque Inguimbertine
et des Musées de Carpentras
et la famille De Seguins pour son aide précieuse.


 

Sébastien de Seguins

Sa famille


Il est peu de familles dans le Comté-Venaissin aussi distinguée dans l'Épée et la Robe que celle des Seguins. Cette famille a pleinement rempli les idées que l'on a de la vraie noblesse. Elle a pendant près de deux cents ans exercé les premières charges de la Province avec beaucoup de zèle et de droiture.


Le nobiliaire de Provence, tome II de René Borricand, nous apprend que les Seguins, de souche italienne, sont apparus en France depuis près de huit siècles. Dans les actes latins et dans le dialecte provençal on écrivait SEGUINI, puis en francisant SEGUIN ou de SEGUINS.


Ce qui est plus certain c'est que le nom des Seguins est un nom de Chef de guerre, d'origine saxonne, composé de deux mots SIG ou SIEG la guerre, et WIN gagner, d'où SIGWIN puis SEGUIN le victorieux. Les Seguins, furent nombreux à s'illustrer par les armes.


Jacques de Seguins, l'arrière-arrière grand-père de Sébastien, épouse Phanette Vernerie, originaire de Boulbon, se fixe à Tarascon, est élu syndic de cette ville en 1387. Il sera la souche des Seguins en Provence.


Louis de Seguins, l'arrière-grand-père de Sébastien, épouse Marie des Isnard en 1426.


Antoine de Seguins, grand-père de Sébastien, s'établit à Valréas vers 1460. Il fut marié en 1468 avec Catherine de Chaix, et eut sept fils : Raimond, Jean, Girard, Bertrand, Gabriel, Jean le jeune, et Richard.
Gabriel de Seguins, père de Sébastien, naquit à Valréas en 1482. Il s'installe à Carpentras en 1502. Il acquit par contrat passé à Orange le 22 avril 1522, la seigneurie des Beaumettes et une partie de celle de Venasque et de St Didier le 17 février 1534. Il est nommé par bulle du 28 septembre 1535 Avocat et Procureur Général du Pape au Comté-Venaissin. Il exerce cette charge jusqu'en 1562.

Le 6 avril 1536, il épouse Marguerite de la Salle. De ce troisième mariage sont nés cinq enfants : Sébastien, François, Antoine, Marguerite et Hélène.


Sébastien de Seguins voit le jour à Carpentras en 1537. Il devient Docteur en Droit, Seigneur de La Roque sur Pernes qu'il fait appeler la Roque des Seguins, Chevalier de l'ordre du Pape et Comte du Palais de Latran. Sa plume faisant bon ménage avec son épée il s'applique à la Jurisprudence, aux belles lettres et à la défense de son pays. L'histoire et la littérature se disputent son nom, tandis que la patrie reconnaissante grave sur la plupart de ses monuments religieux et profanes son blason rehaussé de ces deux devises : "Sola salus servire Deo" Le seul moyen de salut est de servir Dieu. "Tendit ad sidera virtus" La vertu s'élève vers les cieux.

Sébastien porte un nom qui résume tous les éloges ; toutes les qualités qui rendent l'homme honorable étaient devenues héréditaires dans sa famille. L'intégrité de son caractère égale la générosité de son âme. Il est l'honneur de sa Patrie et la Gloire de son siècle.

 

Son blason


L'origine des Seguins serait racontée par leurs armes qui se voyaient encore dans une des salles du château de Fontainebleau, sous Louis XVI, parmi celles des familles alliées à la maison de Navarre à l'occasion du mariage contracté en 1270 entre Guillaume Seguins, Seigneur et Baron de Rions en Guyenne, et Marthe d'Albret, fille d'Amanieu VI, douzième aïeul d'Henri IV.


La huppe qui prend son essor au milieu de sept étoiles représenterait une dame Seguins qui attendit pour venger l'assassinat de son époux que le dernier de ses sept enfants soit en âge de se battre. Elle les poussa alors à passer au fil de l'épée tous les membres de la famille des criminels, puis s'enfuit avec ses fils et vint se fixer en Provence.


Fantoni situe cette aventure à Venise. Un roman populaire de 1780 lui donne Gênes pour décor. Mais si cette légende a quelque fondement, c'est en Guyenne qu'elle a dû naître. Ces armes sont en effet les mêmes que celles de Guillaume Seguin. Lesquelles dés le XIIIe siècle étaient portées par les Seguins de Rions.

 

Les armes des Seguins portent,
D'azur à la huppe essorante d'argent, becquée et onglée de gueules, accompagnée de sept étoiles d'or, quatre en chef et trois en pointe.

 
Blason du village de La Roque
Nouveau Blason de La Roque sur Pernes


Son histoire


Lorsque Sébastien de Seguins naquit en 1537, son père Gabriel était avocat, Procureur Général du Pape et jouissait d'une grande considération dans sa Province et à la Cour de Rome. Sa mère, va s'employer à tisser des liens familiaux dans lesquels Sébastien puisera le bonheur de la vie. Il grandit sous des influences de tendresse, de force et de grandeur.


Sébastien étudie Térence, Virgile, Ovide, Cicéron, Horace, Tacite et César ; et s'approprie leur tournure d'esprit et leurs expressions. Pour apprendre la Jurisprudence, il consulte la doctrine judiciaire. Les lettres et les discours qui ont échappé à la destruction sont autant de preuve de l'intelligence, de l'impartialité et de la ténacité de Sébastien.


Fier de lui, son père l'initie à ses travaux officiels et ses sages recommandations sont méditées. "Je veux, ô mon fils, lui disait-il, que la répartition des dîmes ne soit pas onéreuse pour les sujets. Collecteur des deniers de la Sainte Église je dois les exiger, mais ne jamais blesser personne. La redevance est assez pénible sans en augmenter le poids par une insolente dureté. Soyons patients et sachons attendre, comme nous l'ordonne Notre Très Saint Père".


Sébastien se plait à imiter son père. Mais sa mansuétude et sa justice inexorable entraînent quelques fois des blâmes à l'encontre des employés subalternes ; ceux-ci le redoutent et en viennent à dire "de la main et de l'autorité des Seguins délivrez-nous Seigneur".


Il méditait les conseils de son père lorsqu'en 1562, il doit prendre l'épée pour défendre la ville de Carpentras attaquée par le Baron des Adrets. Après cinq jours d'inutiles efforts et la perte d'un grand nombre de soldats le baron dut s'enfuir plein de fureur.

 

En 1569, Sébastien nommé consul fait sienne l'affirmation de St. Grégoire le Grand, selon laquelle "Un gouverneur ne doit-être que le chef d'hommes libres". Cette attitude lui amène une grande popularité et la confiance de ses administrés.


A cette époque le comté Venaissin est un pays d'État. La représentation nationale est assurée par une Assemblée des États Généraux divisés en trois ordres ; le Clergé, la Noblesse et le Tiers-État. Les trois ordres se réunissent toutes les fois que des nécessités particulières le commandent. Il en est ainsi lorsque le Clergé et la Noblesse veulent s'exonérer des tailles pour en charger le Tiers-État. Sébastien déploie ses opinions libérales envers le peuple et obtient une égale répartition des tailles. Il arrache aussi le droit de chasse pour tous. Tous les sujets pontificaux peuvent parcourir librement le territoire entier à la poursuite du gibier.


Après tout cela, rien d'étonnant que le Tiers-État reconnaissant choisisse Sébastien pour le représenter auprès du Souverain Pontife afin d'obtenir l'exonération de la sixième partie des tailles imposées.

 

Pendant six mois, Sébastien ne s'épargne aucune peine et aucune démarche pour obtenir des audiences du Souverain Pontife. Il revient en avril 1574 avec la victoire, chargé d'honneurs pour lui et pour les siens. Grégoire XIII le nomme Comte Palatin et lui donne deux titres de Chevalier pour ses deux frères. Ce nouveau Comte est accueilli avec des transports d'allégresse et de reconnaissance par la population et par les siens.

Au plan familial, sa maison est devenue nombreuse depuis qu'il a épousé en 1572, la noble veuve Magdeleine de Grignan qui lui amène plusieurs enfants de son premier mari. Sébastien aime ces enfants tendrement et veille sur eux avec une sollicitude paternelle.


Mais sa passion pour l'émancipation du Tiers-État l'emporte sur toutes les autres préoccupations et sa désolation est vive à la vue des massacres commis par les catholiques et les huguenots. Il travaille courageusement à conclure une pacification sérieuse par le traité de Nîmes du 8 novembre 1578. Ce traité rédigé en quarante-deux articles est approuvé par le Roi de France Henri III qui accorde l'amnistie générale aux rebelles puis est confirmé par un bref de Grégoire XIII en 1579. Les articles deux et trois de ce traité rendaient aux protestants leurs biens confisqués et même l'usufruit. Mais cette restitution ne se faisant pas, Sébastien met son ardeur à triompher de toute résistance et deux commissaires Jean de Verot et Charles Patris reçoivent de Rome, le 3 mars 1579, mission d'opérer sur le champ l'exécution des conventions prévues.


La même année Sébastien est appelé pour la troisième fois à la dignité consulaire par les suffrages des ses concitoyens. Il est également nommé Juge Majeur (Avocat Général chargé de l'instruction des affaires criminelles).


Vers 1570, le Souverain Pontife lui a inféodé La Roque sur Pernes (qu'il protégera contre les incursions des protestants en 1573 et 1585). Il en est investi avec pleines juridictions par bref du 12 décembre 1575. Dès lors, ce village heureux est appelé La Roque des Seguins. Ayant ensuite été inféodé viagèrement à d'autres Seigneurs son ancien nom lui est restitué.


Cependant malgré tous les mérites éclatants et les services éminents rendus à sa Patrie et au Pays dont il a été nommé Seigneur, Sébastien se maintient difficilement dans sa possession. Des protestations énergiques s'élèvent de la part de certains habitants et les états de la Province s'associent à cette opposition. Le procès est long et coûteux. Seul son ami le Cardinal d'Armagnac (co-légat) prend vigoureusement sa défense et le fait réintégrer dans ses droits par le Recteur du Comtat.


Sébastien se venge de ces vexations en comblant de bienfaits les manants de son fief et continue à partager ses revenus avec des œuvres sociales. Toute détresse connue est immédiatement soulagée. Mais cette situation le ronge.


Veuf depuis dix ans et sans progéniture Sébastien veut sortir de cet isolement. Les joies de la famille lui sont nécessaires. Le 9 novembre 1584, il épouse Marguerite de Seytres, âgée de seize ans et nièce de Crillon le Brave.

 

Tout à coup la querelle des Seigneurs et du Clergé contre le Tiers-État se rallume et Sébastien devient une fois encore le messager des doléances populaires auprès de Sixte Quint qui l'accueille avec une délicate attention le 13 janvier 1586. Le tableau qu'il fait de la triste condition dans laquelle se trouve la Province Venaissine, produit une vive impression sur l'esprit droit et juste de Sixte Quint. Le Pape satisfait son vœu d'obliger chacun des trois ordres à concourir pour sa part aux charges publiques en publiant un décret inviolable et formel. Il octroie toutes les autres concessions dont Sébastien s'est fait le solliciteur.


Par sa bulle du 25 mai 1586, le Pape confirme :

1° Les privilèges accordés aux foires et aux marchés de la ville de Carpentras. 2° La faculté dont jouissaient les consuls et les citoyens de cette ville de députer deux juges des marchands.
3° La juridiction privative accordée aux consuls dans les causes minimes, dans les causes de police et dans les causes des dommages faits aux champs.
4° L'inféodation du lieu de Serres à la communauté de Carpentras.


Le 5 juin de la même année Sixte Quint souscrit au souhait de Sébastien de replacer au 27 novembre la Fête de Saint Siffrein que le Pape Jules III avait fixée au 3 décembre pour certaines raisons. La même année encore, Sébastien qui sait que la discorde ruine les sociétés les plus florissantes tandis que la paix fait prospérer les plus modestes, intervient auprès du recteur du Comtat Venaissin pour fixer irrévocablement les bornes territoriales entre le Beaucet et La Roque sur Pernes.


Le peuple reconnaissant de tant de bienfaits élève Sébastien pour la quatrième fois au consulat et lui fait hommage "d'un superbe plat d'argent". Entraigues se distingue aussi en témoignages de gratitude car Sébastien a pris la défense de ce village pour obtenir la participation égale des trois ordres aux charges publiques. Sébastien plaide aussi pour Avignon face "au frais de son recouvrement des mains des huguenots". Mais le peuple ne peut se libérer ; Sébastien écrit au Pape pour demander secours. Le Pape envoie l'argent nécessaire.


Sébastien voit encore ses qualités et vertus civiques récompensées lorsqu'il est choisi par le Vice Recteur du Comté Raymond de Meilleuret pour lui succéder dans ses hautes fonctions. Le Vice-rectorat est la plus haute fonction conférée par la cour romaine aux personnages éminents de ce pays. Elle donne le second rang dans le gouvernement à celui qui en est investi.


La nomination de Sébastien au Vice-rectorat irrite contre lui la noblesse et le clergé qui prétendent que le Vice Recteur doit-être nommé par le Pape. Ils demandent sa révocation. Malgré ces menées Sébastien est maintenu et en 1590 il est nommé Vice-Recteur titulaire. Le Seigneur de La Roque est pourvu de cette charge triennale par bulle du Pape en 1590, en 1596 par le Cardinal légat Aquaviva, et par Monseigneur Bordini vice-légat en 1599. Les qualités déployées par Sébastien pendant l'exercice de cette fonction le réconcilièrent avec les États puisque à l'expiration de son mandat ils se hâtèrent de le nommer tous les trois Procureur Général.

 

La peste de 1587 qui décime la population de Carpentras donne certainement à Sébastien l'occasion d'exercer sa générosité, sa droiture et son sens de la justice, mais les annalistes de l'époque, certainement troublés par ce fléau, ne nous ont rien transmis à cet égard.


En 1590, Sébastien est envoyé par le Tiers-État à Rome pour féliciter Urbain VII élevé sur la chaire de Saint Pierre après la mort de Sixte Quint. En 1592 Clément VIII fait l'éloge de cet ambassadeur :


"Le Chevalier Sébastien de Seguins, Docteur en droit de Carpentras, s'est bien acquitté de diverses missions auprès de Pie V, Grégoire XIII, Sixte V et auprès des Rois de France, d'autres Princes et Gouverneurs de Province". En récompense le Pape lui octroie le privilège de créer des notaires. Sébastien exerce ce privilège insigne au moins deux fois.

Du 25 mai au 2 juin 1594, les États généraux du Comté Venaissin se réunissent à Carpentras. Les trois ordres confient leurs intérêts à Sébastien en reconnaissant que "le Seigneur de La Roque étant fort capable, très savant et très désintéressé mérite le titre de Procureur Général". Sébastien se sert de son talent oratoire sur un sujet éminemment pratique, le luxe, qui est pour lui, une scandaleuse injure à l'infortune et à la misère. "Arrêtons, dit-il, cette ruine incessante du capital et de l'honneur". C'est la thèse du paupérisme.


Pendant son dernier séjour à Rome, Sébastien a suivi les réunions de l'archiconfrérie du Saint crucifix, semblable à celle de Carpentras dont-il fait partie. Il y a appris que cette société peut une fois l'an délivrer un condamné à mort et que l'agrégation octroie ce bénéfice à toute pieuse compagnie des États pontificaux. Il transmet son désir d'affiliation à ses collègues et après les formalités requises, ce privilège est accordé. On exerce ce droit de grâce pour la première fois le 2 avril 1597 en faveur d'un malheureux incendiaire nommé Jean Rey.


Une bulle du 13 octobre 1607 de Paul V étend ce bienfait aux criminels du Comtat Venaissin et au lieu de le limiter au vendredi Saint, on l'applique à Noël, à la Pentecôte, à la Toussaint, mais toujours une seule fois dans le courant de l'année.


Fin 1599, Sébastien participe à la rédaction d'ordonnances, de statuts et de règlements concernant l'administration de la justice. Le recueil des lois est publié dans les premiers jours de l'année 1600. Depuis quelques mois Sébastien a abandonné le Vice-rectorat.


A la mort de sa deuxième épouse emportée subitement à 30 ans le 28 avril 1600, Sébastien a 64 ans. Se voyant sans postérité il est un moment saisi par une mélancolie profonde. Cependant l'énergique tempérament de notre laborieux Seigneur secoue la torpeur dans laquelle il a été plongé et le voilà de nouveau expédiant les affaires publiques.


Arrivé à l'âge de 75 ans, Sébastien pense qu'il convient désormais de fixer ses forces intellectuelles et physiques sur ses propres affaires. Mais ses sentiments de charité chrétienne se déploient encore le 12 octobre 1611. A cette date Sébastien fonde à perpétuité dans la Cathédrale de Saint Siffrein et en la chapelle Sainte Anne et Saint Sébastien martyr, une chapellerie (privilège accordé à cette seule famille).

 

Il est décidé que pour la fête de Saint Sébastien, le recteur doit y faire chanter la grand-messe avec diacre, sous diacre, tout le chœur et le luminaire nécessaire. Ce jour là, on donne trois pains et un sou tournois à cinquante pauvres. Pour la dotation de cette chapellerie, l'embellissement et les travaux de la chapelle, Sébastien aliène une propriété.


Cependant, c'est dans son testament que l'on retrouve l'intelligence et le cœur de Sébastien. Il dispose de sa riche succession en faveur de son neveu et filleul Gabriel-Marie de Seguins, Seigneur de Vassieux, qui sut relever le prestige de l'Université d'Avignon dont il fut deux fois le Chef et qui l'avait accompagné dans son 3éme voyage à Rome en 1591. Le Roi de France avait nommé Gabriel Gentilhomme titulaire de sa chambre et Chevalier de Saint Michel.


Mais deux raisons avaient déterminé le choix fait par Sébastien. Gabriel aimait le Peuple et il était magistrat. Sébastien a prévu qu'en cas d'extinction de la lignée directe sa fortune devait revenir aux collatéraux appartenant à la magistrature. Il enjoint au possesseur de ses biens (qui doit toujours être Docteur en Droit) de rester dans sa maison à Carpentras pour y assister les habitants de cette ville et du Comté Venaissin.


Le 20 septembre 1612, après avoir reçu les derniers sacrements, Sébastien franchit la frontière de ce monde. Il repose dans le tombeau que sa famille possède depuis 1534 dans la Chapelle Sainte Anne de la Cathédrale de Saint Siffrein à Carpentras.


Il nous a laissé un message de générosité et de justice.

Leïla ESTELLON

 

L'histoire de Sébastien de Seguins en quelques dates

 

1537 Naissance de Sébastien à Carpentras.

 

1562 Sébastien défend la Porte d'Orange à Carpentras, lors de l'attaque du Baron des Adrets.

 

1569 Nommé Consul.

 

1570 Nommé Seigneur de La Roque sur Pernes.

 

1572 Épouse Magdeleine de Grignan.

 

1574 Fait Chevalier de l'Ordre du Pape (éperon d'or)

Nommé Comte Palatin par Grégoire XIII.

Décès de son épouse Magdeleine.


1578 Signature du Traité de Paix à Nîmes qui met un terme aux guerres de religions.

 

1579 Fait exécuter les conventions prévues par la charte de Nîmes.

Nommé Juge Majeur (Avocat Général chargé de l'instruction des affaires criminelles).

 

1584 Épouse en secondes noces Marguerite de Seytres.

 

1586 Obtient que la fête de Saint Siffrein soit replacée au 27 novembre.

Fait délimiter les terres entre La Roque et le Beaucet.

 

1590 Nommé Vice-recteur titulaire.

 

1594 Nommé Procureur Général par le Clergé, la Noblesse et le Tiers-État.

 

1597 Exerce pour la première fois le droit de grâce.

 

1599 Rédige un traité sur l'administration de la justice.

Abandonne le Vice-rectorat.

 

1600 Décès de sa seconde épouse Marguerite.

Rédige un traité sur l'administration de la justice.

 

1611 Fonde à perpétuité une chapellerie en la Cathédrale Saint Siffrein à Carpentras.

Désigne son neveu et filleul Gabriel-Marie comme héritier de sa fortune.


1612 Mort de Sébastien à 75 ans.


Une lettre du 5 février 1941, de Robert Caillet, conservateur de la bibliothèque Inguimbertine, nous apprend que Le Maire de La Roque sur Pernes, Eugène Rouyer, (grand-père de Joseph Joseph Pantagène) souhaite son appui pour incorporer à la mention "Mairie de La Roque sur Pernes" les armes des Seguins dans le nouveau cachet utilisé par son administration.

 

Le 9 avril de la même année, Monsieur le Préfet de Vaucluse informe le Maire de la saisine du Ministre de l'Intérieur de cette requête.

 

Nous n'avons pas trouvé trace de la réponse souhaitée. Il semblerait qu'elle fut positive, le cachet de la Mairie a été modifié et La Roque sur Pernes a adopté le blason de la famille de Seguins.